Séquence :Transitions n°1
Dès le prologue, qui se déroule après le Fléau Magique, soit cent ans après la trilogie du chasseurs, on sent que cette nouvelle aventure de Drizzt Do’Urden va bouleverser l’univers du célèbre drow. Un prologue dans lequel on retrouve très rapidement un sujet que l’auteur aime à traiter : la haine des peuples différents. A ce propos, le Casin Cu Calas, ou autrement nommé le CCC, groupement de nains ayant vouant une haine incontrôlable contre les orques qu’ils assassinent, fait évidemment penser au KKK, ou Ku Klux Klan, et on ne s’étonne donc pas de voir Drizzt faire face à ces mercenaires. Voir Drizzt prendre la défense d’orques donne donc immédiatement le ton. Effectivement, cette aventure va changer les choses…
Aux dires de ce qu’on lisait sur le net, j’avais craint que cette nouvelle aventure, dont le prologue se déroule donc un siècle après la précédente, allait laisser un grand vide entre les deux trilogie. Je craignais qu’on ne retrouve Drizzt cent ans plus tard, sans qu’on n’ait eut réellement le droit à une vraie fin à ses précédentes aventures, et surtout au groupe de compagnons avec qui il partageait la route. Mais mes craintes ont rapidement été appaisées, car si le prologue prend en effet place bien après la précédente trilogie, dès le premier chapitre, on retrouve nos héros au point où on les a laissés à la fin de Les deux épées.
On retrouve donc Drizzt, Bruenor, Wulfgar, Cattie-Brie, Régis, et tous les autres personnages qui les entourent, alors qu’une trêve vient d’être entammée dans la guerre opposant Castelmitral aux Orques.
Eh oui ! Castelmitral ! C’est le nom du royaume de Bruenor, celui que nous connaissions auparavant sous le nom de MitralHall. Car comme il était prévu, de nombreux termes ont changé depuis la traduction de Fleuve Noir, et cette première aventure inédite est la première permettant de vraiment les remarquer. Adieu donc les noms propres parfois traduits et parfois pas, désormais, Milady a opté pour l’utilisation de la traduction officielle de ces noms, termes que nous devrons trouver dans tous les romans, ce qui donnera au moins à la collection une cohérance qu’elle n’avait pas chez l’ancien éditeur.
Désormais, on ne parlera donc plus de MitralHall, mais de Castelmitral. Bruenor ne se nommera plus Battlehammer, mais Marteaudeguerre. On ne parlera plus non plus parfois de Silvermoon et d’autres fois de Lunargent, mais on parlera toujours d’une seule et unique Lunargent. Certains lecteurs hurleront peut-être (et même sans doute) dans un premier temps, car quand on s’était habitué après quinze roman à parler du marteau Aegis-Fang, et que celui-ci se nomme désormais Crocs de l’Egide, il y a évidemment de quoi déstabiliser. Mais tout ceci n’est qu’une question d’habitude, et avec le temps, sans doute que la majorité de ceux qui auront dans un premier temps crié au scandale préféreront cette nouvelle traduction.
Dans tous les cas, on peut noter à nouveau que la traduction est ici d’un tout autre niveau que ce à quoi on avait été habitué avec l’ancienne collection, car on est là vraiment devant un excellent roman de fantasy, aux phrases très bien construites, et loin de l’images « ado » (dans le mauvais sens du terme) que pouvait auparavant avoir la saga.
Mais le niveau du roman en lui-même joue aussi pour beaucoup dans l’avis qu’on se fera de cette nouvelle aventure, car Le Roi Orque est la meilleure aventure qu’ait vécu Drizzt depuis un bon moment. Tout ce qu’on pouvait reprocher aux précédents romans de la séquence, notamment les plaintes continuelles du personnages principal, parmi d’autres choses, ont ici disparues. On retrouve un Drizzt Do’Urden comme on l’avait aimé à ses débuts. R.A. Salvatore a su ici réunir le meilleur de toute la séquence, pour offrir une aventure inédite réunissant toutes les qualités qu’on avait pu trouver aux précédents romans. Les personnages sont plus humains que jamais, avec leurs souffrances internes qui n’ennuient pas le lecteurs, et leurs objectifs différents, qui les mèneront sur différents chemins. De plus, on est ici loin du manichéisme qu’on trouverait trop facilement dans ce genre d’aventure parfois, à tel point que la fin du roman, que l’on avait devinée grâce au prologue, est loin de ce qu’on aurait imaginé en lisant le début de la trilogie du chasseur.
Car Le Roi Orque a beau être le premier tome de la séquence Transitions, il n’en reste pas moin l’épisode final des aventures opposant Drizzt aux orques, aventure ayant débutée avec Les mille orcs. Et c’est également le point final de l’aventure des compagnons du Castel (autrefois nommés Compagnons du Hall dans l’ancienne traduction), car les chemins de certains vont ici se séparer de celui des autres, tandis que d’autres, tout en restant avec leurs compagnons, vont opter pour une voie toute différente de celle qu’ils suivaient jusque là.
Et si on pouvait parfois reprocher à l’auteur de réduire certains personnages à un rôle de fair valoir dans certaines aventures, ici, chacun a sa place propre, chacun a un intérêt dans l’histoire, à tel point que ce roman clôture même les aventures entamées dans L’épine dorsale du monde.
Vous l’aurez donc compris, si certains lecteurs avaient fini par se fâcher avec Drizzt Do’Urden, Le Roi Orque devrait à coup sûr les réconcilier avec le personnage qui est ici au meilleur de sa forme, et prouve qu’il a encore de nombreuses choses à nous faire vivre. L’épilogue de cette aventure, qui reprend place après un siècle, ne nous en dit pas beaucoup plus sur ce qui pourra suivre, mais on est en droit d’espérer que la prochaine aventure prendra place dans cette nouvelle époque où les choses ont bien changé pour les Marches d’Argent, un changement qui ne pourra sans doute apporter que du bon à la séquence, car il lui apportera un renouveau dont elle avait bien besoin…
Quatrième : La paix récemment établie entre les nains de Castelmithral et le royaume des orques est déjà menacée. Les tribus orques se font la guerre et Bruenor est résolu à y mettre un terme et à sauver ce qu’il a mis tant de temps à bâtir. Mais il faudra bien plus que des épées et des haches pour établir une nouvelle ère dans cette région tourmentée. Les puissants seigneurs de part et d’autres devront apprendre à se connaître et à s’estimer malgré leurs différences. Le chemin de la compréhension et du respect est long et semé d’embûches.
Milady : Octobre 2008 – 498 pages – 23.50 – ISBN : 9782811200374 –
Traduction :Claire Jouanneau
Couverture :Todd Lockwood